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Tout au long de l’année, la littérature va faire la part belle à sa visibilité en Suisse. L’événement aura lieu à l’occasion des rencontres agendées à Genève, Soleure, Loèche-les-Bains, Morges et Sion. Cinq villes. Cinq lieux d’une fête qui réunira les écrivains, les éditeurs et le public de lecteurs. Tour d’horizon des principales éditions annoncées.

Genève du 25 au 29 avril : 32e édition du Salon international du livre

2e salon du livre francophone au niveau mondial et plus grand de Suisse, le Salon du livre de Genève accueille, chaque printemps, quelque 100’000 amoureux des mots et pas moins de 1’000 auteurs ! En cinq jours, lecteurs, écrivains, éditeurs et libraires se croisent, échangent sur leurs expériences, dans un esprit constructif. Chaque année, une région et/ou un pays est mis à l’honneur par le biais de ses productions littéraires. L’Arménie, le Maroc, le Mexique, le Japon, la Russie, la Tunisie et le Québec font partie des pays hôtes du salon, ces dernières années. Visites des stands d’éditeurs, remises des prix littéraires, débats publics sont autant de manifestations qui forment l’ossature du salon de Genève. Au fil de sa visite de différents stands érigés au Palexpo, le lecteur pourra faire une halte aux endroits de son choix. Au pavillon New York sera abordé le thème « Ecrire sous l’ère de Trump » ; à Apostrophe aura lieu une rencontre avec Asli Erdogan, la romancière et opposante turque qui réédite son roman « L’Homme Coquillage » (Actes Sud) ou l’occasion d’un débat sur la liberté d’expression en Turquie). Aussi, d’intéressantes haltes à la scène de bande dessinée, à celle des médias ou de philosophie, à la librairie polar, à l’atelier d’écriture. Une halte au Salon africain vaudra le détour. Cette année, l’essentiel de son activité nous éclairera sur la plume des femmes écrivaines du continent. Présence de Ken Bugul, de Sow Aminata Fall, de Tadjo Véronique, etc. Et « des femmes qui racontent le continent, tout comme à celles, craintes, aimées ou harcelées, que racontent les hommes (…)  À commencer par les Amazones du Bénin précolonial, dont le régiment défiait les armées d’hommes. Mais aussi ce sont neufs femmes, ex-épouses d’un monarque qui bâtirent le pays Kongo, selon la légende rapportée par Wilfried N’Sondé. Ou encore Bakhita, l’héroïne de Véronique Olmi, une ancienne esclave entrée en religion qui voua sa vie aux enfants pauvres ; Iyéwa, la mère sans époux du conte de Louis Camara. Et jusqu’aux reines, celles des ruches, qui vont apprendre à se défendre contre l’envahisseur, dans le roman du tunisien Yamen Manaï. » Depuis 2015, le Salon du livre développe un volet professionnel décliné en Assises du livre en Afrique et de l’édition suisse et francophone. Moments d’échanges informels, concrets et sérieux entre professionnels, ces assises ont pour objectif de saisir les enjeux contemporains auxquels sont confrontés les représentants du métier du livre. A la suite de leurs discussions, ils proposent des solutions et des pistes de réflexions qui s’imposent.

Soleure du 11 au 13 mai : 40e Journées littéraires.
Les Journées littéraires de Soleure entrent dans leur quarantième année. Forum de la création littéraire en Suisse, ces journées privilégient des liens entre des écrivains venus des régions linguistiques et le public, entre les médias et les éditeurs. Auteurs suisses et lecteurs ont l’occasion d’engager des discussions autour du livre. « Depuis 1992, la littérature étrangère est aussi un élément indispensable des Journées littéraires de Soleure. Ces dernières années, on a pu entendre parmi les auteurs et auteures invitées John M. Coetzee, Günter Grass, Imre Kertész, Herta Müller, Claude Simon ou Wole Soyinka », ce, parmi plus de 1200 autrices et auteurs avec leurs œuvres. Les journées littéraires de Soleure se caractérisent par des séances de lecture et des débats publics en présence non seulement des auteurs mais également des traducteurs suisses invités. En tout, 100 auteurs, artistes et traducteurs couvrant plus de 10 langues et des dialectes divers feront, cette année, la présentation et la lecture de leurs nouveaux ouvrages. Ils en animeront la discussion. Des tables rondes sont prévues autour de divers thèmes en sus des expositions, des films en lien avec la littérature, des représentations musicales et scéniques, des workshops, des ateliers de traduction et des manifestations dans les établissements scolaires de la région. En tout, plus de 60 manifestations prévues. Ça se passera au Landhaus, au bord de l’Aar du 11 au 13 mai.

Loèche-les-Bains : du 29 juin au 1er juillet : 23e Festival International de Littérature

Des écrivaines et écrivains venus du monde entier se rencontrent du 29 juin au 1er juillet 2018 au Festival International de Littérature de Loèche-les-Bains, dans le Haut-Valais. Ce sont trois jours d’une programmation dense et exigeante. Les auteurs présenteront leurs œuvres au public. La rencontre de Loèche-les-Bains privilégie d’autres voies ouvertes à la compréhension de la littérature. La randonnée littéraire (le 28 juin, avant les séances littéraires proprement dites) permet aux auteurs de se joindre au public et au guide de montagne, pour une agréable excursion.  A l’origine de ce festival, le libraire et éditeur Ricco Bilger, originaire de Loèche-les-Bains. Il travaillait à Zurich à la tête de la plate-forme des maisons d’édition indépendantes de Suisse (Swiss Independant Publishers). En 1996, il invite un groupe d’amis à se joindre à lui pour mettre la littérature au centre de son village natal. Le lancement se fait en un lieu modeste : le salon de coiffure familial à Loèche-les-Bains transformé, au fil du temps, en librairie. Patiemment, il réalise son rêve. En 1999, il se réjouit de la symbiose qui peut naître de la rencontre entre les lettres et le thermalisme de montagne. Premier parmi les premiers à être passé au festival, Paul Nizon, classique de la littérature allemande exulte : « Le niveau des écrivains invités est élevé et l’organisation pleine de fantaisie. Je trouve cet endroit très intéressant. Il a vraiment une dimension internationale. » Le temps ne l’a pas démenti. De l’ouverture vers des auteurs de langue française, il se montre optimiste. « Oui, bien sûr, mais il y en a encore bien trop peu. Je ne comprends pas qu’ici, à la frontière des deux langues, l’on ne développe pas davantage ce volet. Il est urgent de faire participer les auteurs de langue française. » A chaque édition, plus ou moins une semaine est entièrement consacrée à la littérature. Particularités : des lectures sont assurées par des auteurs connus ou inconnus, en milieu fermé ou en plein air, notamment à minuit, sur le col de la Gemmi situé à 2350 mètres d’altitude ; des débats littéraires et des ateliers d’écriture s’y tiennent le temps du festival, à l’instar d’un colloque de traduction et des randonnées littéraires. Tout au long du festival, le public prête l’oreille, en différents endroits, aux textes lus par des auteurs venus de nombreux pays, dont la Suisse, l’Autriche, l’Allemagne, la Grande Bretagne, l’Iran, le Nigéria, la Belgique, les Etats-Unis, l’Afrique du sud, etc. Chaque lecture se prolonge, quand le débat l’impose. La langue de travail est l’allemand. Il y a usage du français ou de l’anglais, en des rares occasions, lors des lectures de textes allemands traduits. Le festival de littérature de Loèche-les-Bains a réussi à communier les thèmes et le lieu de son déroulement. Une littérature dans la nature. Des mots récités dans un lieu idyllique, telle la piscine asséchée. En effet, ce qui caractérise ce festival, ce n’est pas tant la polyphonie des textes qu’on y lit, la diversité culturelle des écrivains qui le fréquentent et la présentation de leurs œuvres et les discussions qui en découlent. C’est surtout sa force de faire rêver. C’est cette opportunité de faire aimer la littérature activement. En parcourant les versants escarpés de la Gemmi et du Torrent, tout autour du village thermal. On aime la promenade organisée chaque année dans les gorges de la Dala, le passage dans des paysages à couper le souffle, et les lectures dans des endroits bucoliques. On apprécie la randonnée entre 1888 et 2314 mètres d’altitude, reliant le canton de Berne au canton du Valais, sur fond des lectures de textes tirés du Guide de randonnées littéraires. Dans les deux cas, un guide emmène des amoureux des lettres dans des lieux inspirants de la nature, pour en apprendre plus sur la région, par le biais des extraits littéraires. L’autre élément de poids du festival, c’est bien le colloque de traduction. On y aborde la dimension créatrice de la traduction. Il s’agit de mettre en exergue le processus traductif, à travers le pouvoir qu’a la traduction à influer sur la création d’un texte dans ses différentes expressions. Il est question d’explorer la relation entre auteur et traducteur en terme non seulement du langage, mais également de complicité littéraire. Le festival est soutenu par l’Office du tourisme, les hôteliers et différents partenaires touristiques ou culturels de la région et de Suisse. A Loèche-les-Bains, la littérature internationale est en mouvement. On s’imprègne mieux du rôle qui revient à la littérature dans la société. Auteur-e-s, philosophes, critiques et linguistes ont l’opportunité d’échanger pour démontrer à quel point la littérature est un pilier indispensable à la survie de n’importe quelle communauté d’êtres humains. Depuis 2011, des échos significatifs ont mis en lumière la part que le festival de Loèche-les-Bains apporte à la bonne santé des lettres dans le monde. Aujourd’hui, le festival est partenaire suisse de l’ « Europäischen Literaturhaus ». Le festival tient bon sa tenue. Il trace son sillon en mettant à contribution différents endroits de la station et, en premier lieu, les bains. Le cinq-étoiles Sources des Alpes, d’autres hôtels de standing, la nature environnante du col de Gemmi que l’on survole et on atteint par le téléphérique pour une lecture de minuit, le joli cinéma Rex, l’ancienne gare, la salle de théâtre de l’école du village sont, tour à tour, lieux de transmission, d’information au grand bonheur des écrivains, des éditeurs, des lecteurs et des critiques littéraires. Venus des quatre coins du monde, plus de 300 auteurs ont pris part à cet évènement. Des plumes confirmées ou en phase de l’être ont été accueillis par le festival. Paul Nizon, James Hamïlton-Paterson, Malika Wagner, Robert Schindel, Urs Widmer, Salman Rushdie, Fatou Diome et autres Jonathan Safran Foer y ont pris la parole.

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Morges et ses livres sur les quais : du 31 août au 2 septembre.

Pour sa neuvième édition, le « Livre sur les quais » nous revient, du 31 août au 2 septembre. Divers thèmes et domaines de la production littéraire seront au rendez-vous. « Le Livre sur les quais est avant tout l’occasion pour les lecteurs de rencontrer leurs auteurs préférés. Le salon se présente comme un grand espace de dédicace accueillant non seulement des auteurs de romans mais également des historiens, des essayistes, des philosophes et des auteurs pour la jeunesse. Nous accueillerons comme hôtes d’honneur l’Italie et les éditions Grasset. Au programme sont prévus des débats, rencontres, tables rondes, lectures et projections qui auront lieu dans des lieux disséminés au cœur de la ville de Morges ou sur des bateaux de la CGN. »

Ne pas oublier Sion. Du 21 au 23 septembre : Festival du livre suisse

Du vendredi 22 au dimanche 24 septembre 2017, la Médiathèque Valais- Sion aux Arsenaux vivait au rythme de la littérature suisse et des écrivains voyageurs pour une deuxième édition du Festival du livre suisse. Coorganisé par la Médiathèque Valais-Sion et la Fondation pour l’Ecrit, ce festival réunissait une centaine d’auteurs suisses et francophones. Ils avaient proposé tout autant d’animations allant de la rencontre littéraire à l’atelier d’écriture en passant par la projection de films, les spectacles du duo Nomade ou de Mathieu Bertholet, les lectures bilingues ou de contes ou encore un original et convivial brunch avec des auteurs. Rencontres littéraires, ateliers d’écriture, projection de films, spectacles, exposition sur Ella Maillart, lectures bilingues et de contes, brunch dominical en compagnie d’auteurs se sont tenus. Trois jours d’animations conviviales, toujours plus curieux et conquis par les littératures d’ici et d’ailleurs. L’édition 2018 se tiendra dans le même esprit. Ce sera aux Arsenaux du 21 au 23 septembre 2018.

Cikuru Batumike

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