Chère Douce France,

Et voilà pourquoi tes névrosés arrosés au vin deviennent des agrégats d’ego. Que tes beaux jours virent à une France de tout à l’ego. Pays de revendications, d’abdications, d’éradications, de vindications, de convocations, de contre-indications, des cas de défiance, de méfiance, de violence, un trop plein du ras-le-bol généralisé. Ta part des laissés-pour-compte règle ses comptes aveuglement. Casser les codes et déconstruire les normes. 

Le désordre est une vertu française.  On pille, on vide les caisses et tout ce qui en reste. Il n’y a plus de pièces jaunes mais des gilets jaunes et des opportunistes aux discours qui ne valent pas pipette. Tu n’es plus une douce, mais une France qui a du plomb dans l’aile, celle qui se brûle les ailes. Douce France, qu’est-ce qui t’arrive? « Pourquoi Tonton tu tousses? ».

Ceci est mon état d’esprit actuel. La crainte que tu meurs. En même temps, je ne veux pas verser dans l’obsession excessive. Évacuer d’un revers de  main ce que souffre tout gilet jaune digne de ce nom serait un manque de jugeote. Je suis dans une ambivalence : me plaindre du malaise et l’identifier. Le refus de cette réalité des sans-dents rendrait nulle mon exaspération. Reçois mon appui.

La petite suisse, ta voisine.

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